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Guide pratique · Accident de la route

Loi Badinter : vos droits à indemnisation après un accident de la circulation.

La loi du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, a créé un régime protecteur pour les victimes d’accidents de la circulation. Ses règles dépendent d’abord d’une question : étiez-vous conducteur d’un véhicule à moteur, ou non ?

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Par Maître Benjamin Doukhan, avocat au Barreau de Marseille · Mis à jour le 12 octobre 2026

L’essentiel

  • La loi s’applique dès qu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué dans un accident de la circulation.
  • Piétons, cyclistes et passagers sont indemnisés de leurs dommages corporels, sauf faute inexcusable cause exclusive de l’accident.
  • Les victimes de moins de 16 ans, de plus de 70 ans ou atteintes d’une incapacité d’au moins 80 % sont indemnisées dans tous les cas, sauf recherche volontaire du dommage.
  • La faute du conducteur victime peut limiter ou exclure son indemnisation.
  • L’assureur doit suivre une procédure d’offre encadrée par des délais.

Quand la loi Badinter s’applique-t-elle ?

La loi s’applique aux victimes d’un accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule terrestre à moteur : voiture, moto, scooter, camion, bus, engin agricole… Les chemins de fer et les tramways circulant sur des voies qui leur sont propres en sont exclus (article 1er de la loi du 5 juillet 1985).

Un véhicule est impliqué dès lors qu’il est intervenu, à quelque titre que ce soit, dans la survenance de l’accident. Un véhicule en stationnement peut être impliqué. Le contact entre le véhicule et la victime n’est pas indispensable, mais il facilite la preuve.

La victime ne peut se voir opposer ni la force majeure ni le fait d’un tiers (article 2).

Piéton, cycliste, passager : une protection renforcée

Les victimes qui n’étaient pas conductrices d’un véhicule terrestre à moteur sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne sans que leur propre faute puisse leur être opposée, sauf si elles ont commis une faute inexcusable qui a été la cause exclusive de l’accident (article 3).

La faute inexcusable est entendue de manière très restrictive par la Cour de cassation : il s’agit d’une faute volontaire, d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience. Elle n’est que rarement retenue.

Les victimes âgées de moins de 16 ans ou de plus de 70 ans, ou titulaires d’un titre leur reconnaissant un taux d’incapacité permanente ou d’invalidité d’au moins 80 %, sont indemnisées dans tous les cas, sauf si elles ont volontairement recherché le dommage.

Le passager d’une voiture, d’une moto ou d’un bus est donc protégé, y compris lorsque le conducteur est un proche. Le cycliste, qui ne conduit pas un véhicule à moteur, bénéficie de la même protection. Le statut de l’utilisateur d’une trottinette électrique est en revanche discuté devant les juridictions et doit être analysé au cas par cas.

Conducteur : la question de la faute

La faute commise par le conducteur victime a pour effet de limiter ou d’exclure l’indemnisation de ses dommages (article 4). Selon la Cour de cassation, cette faute s’apprécie en elle-même, sans tenir compte du comportement de l’autre conducteur, et elle ne réduit le droit à indemnisation que si elle a contribué à la réalisation du dommage.

C’est à l’assureur qui invoque une faute d’en rapporter la preuve. Le procès-verbal, les témoignages et les constatations matérielles sont essentiels.

Si vous êtes seul en cause ou entièrement responsable, la loi Badinter ne vous permet pas d’être indemnisé par un autre assureur. La garantie du conducteur prévue par votre propre contrat peut alors intervenir, selon ses conditions : seuil, plafond, postes couverts.

Les proches de la victime

Les proches d’une victime gravement blessée ou décédée peuvent obtenir réparation de leur propre préjudice, moral et économique. Leur indemnisation tient compte des limitations ou exclusions applicables à l’indemnisation de la victime directe (article 6).

Qui indemnise ?

En principe, l’assureur du véhicule impliqué indemnise la victime. Lorsque plusieurs véhicules sont impliqués, leurs assureurs sont tenus envers la victime, et l’un d’eux est en général chargé de présenter l’offre pour le compte des autres.

Si le responsable a pris la fuite ou n’est pas assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) peut intervenir. Si le véhicule est immatriculé à l’étranger, le Bureau central français (BCF) est en principe l’interlocuteur.

La procédure d’offre

La loi impose à l’assureur de présenter une offre dans des délais précis : huit mois à compter de l’accident, puis cinq mois à compter de la date à laquelle il a été informé de la consolidation pour l’offre définitive. Une offre tardive ou manifestement insuffisante est sanctionnée. Ces règles sont détaillées dans le guide consacré à l’offre de l’assureur.

Questions fréquentes

Je traversais hors du passage piéton : suis-je indemnisé ?+

En principe oui. Une traversée hors du passage piéton n’est pas, à elle seule, une faute inexcusable : elle ne permet pas de réduire votre indemnisation.

Je suis passager du véhicule conduit par mon conjoint : qui m’indemnise ?+

L’assureur du véhicule dans lequel vous vous trouviez, même si le conducteur est un membre de votre famille. Votre propre faute ne peut pas vous être opposée, sauf faute inexcusable cause exclusive de l’accident.

Un cycliste est-il protégé par la loi Badinter ?+

Oui. Le cycliste ne conduit pas un véhicule terrestre à moteur : il bénéficie de la protection des victimes non conductrices. C’est aussi le cas pour un vélo à assistance électrique classique ; un modèle rapide homologué comme cyclomoteur relève d’autres règles.

La loi s’applique-t-elle à un accident de trajet ou de travail ?+

Lorsqu’un véhicule terrestre à moteur est impliqué, la Sécurité sociale prend en charge l’accident au titre de la législation professionnelle, et la victime peut en principe obtenir de l’assureur du véhicule la réparation complémentaire de ses préjudices. La situation doit être analysée selon les circonstances.

Combien de temps ai-je pour agir ?+

L’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit en principe par dix ans à compter de la consolidation (article 2226 du Code civil).

Ce guide présente des informations générales, à jour au 12 octobre 2026. Les droits, les délais et les recours doivent être vérifiés au regard de votre situation personnelle. Aucun résultat n’est garanti.

Maître Benjamin Doukhan

Maître Benjamin DoukhanAvocat au Barreau de Marseille, il a prêté serment en 2019 et se consacre exclusivement à la défense des victimes de dommages corporels. Titulaire d’un DESU Réparation juridique du dommage corporel. Découvrir le cabinet

Avis de clients

Leur expérience du cabinet

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  • ★★★★★

    « Maître Doukhan a été présent et impliqué dès notre tout premier contact. Il a répondu avec rapidité et a même pris le temps de se déplacer à mon domicile afin que je puisse lui expliquer ma situation en détail. Il s’agissait d’un accident de trajet, au cours duquel l’assureur de l’automobiliste m’ayant percutée a tenté de me faire porter la responsabilité et de me proposer une indemnisation dérisoire, clairement insuffisante au regard des préjudices subis. Maître Doukhan m’a d’abord rassurée, puis il m’a clairement expliqué mes droits et la réalité de la situation, avec beaucoup de pédagogie et de transparence. Il m’a également préparée au fait que les délais judiciaires seraient longs, en m’expliquant qu’il faudrait de la patience et de la confiance. Tout au long de la procédure, il m’a accompagnée avec un grand professionnalisme, en partageant chaque étape et chaque avancée avec une totale clarté. Honnêtement, je mesure aujourd’hui la chance que j’ai eue de le contacter lui et pas un autre avocat. Il est rare d’être aussi satisfaite, à la fois sur le plan humain et en tant que cliente. Je recommande Maître Doukhan sans la moindre hésitation. »

    HajarAvis Google · 2026

  • ★★★★★

    « Je recommande vivement Maître Doukhan. Il est rare de rencontrer un professionnel qui allie autant de compétence, de réactivité et d'humanité. Dès le début de mon dossier, je me suis sentie écoutée, respectée et accompagnée. À aucun moment je n'ai eu le sentiment d'être un simple numéro de dossier. J'ai toujours eu une réponse rapide à mes questions, que ce soit par téléphone, par mail ou par SMS, et j'ai senti un véritable investissement tout au long de la procédure. Au-delà de ses compétences, c'est son implication, son écoute et son côté profondément humain qui m'ont marquée. Il défend ses clients avec sérieux, honnêteté et conviction, et cela fait toute la différence dans des moments qui peuvent être difficiles. Je tiens à le remercier sincèrement pour tout le travail accompli. C'est un avocat que je recommande les yeux fermés, autant pour ses qualités professionnelles que pour ses qualités humaines.🙏🏻 »

    Mel F.Avis Google · 2026

  • ★★★★★

    « Me Doukhan m'a accompagnée suite à un accident de la route en 2025. J'ai apprécié son professionnalisme, sa célérité et la simplicité de ses réponses à mes questions. Mes intérêts ont été bien défendus et le dossier a abouti dans un délai court pour ce type de procédure. Un autre avantage : je n'ai pas eu à me déplacer à Marseille ! toutes les correspondances ont été faites par téléphone ou mails ! N'hésitez pas ! »

    Aurore S.Avis Google · 2026

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